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Articles de presse d' Alain Tourre correspondant local aux DNA

Anniversaire au sommet du Mont-Blanc

12 Juillet 2016 , Rédigé par Alain Tourre Publié dans #Divers

Fêter son anniversaire au sommet du Mont-Blanc, voilà l’idée d’un jeune Nambsheimois Steeve Deparis, accompagné de son père, Michel, également né en juin. Alexandre Lavarenne et Thierry Bertola complètent l'équipe.

Steeve nous fait vivre ce défi qui l'a conduit, avec son père Michel, sur le toit de l'Europe.

Steeve et Michel Deparis sur le plus haut sommet d'Europe
Steeve et Michel Deparis sur le plus haut sommet d'Europe

Steeve et Michel Deparis sur le plus haut sommet d'Europe

Passés les quelques mois de préparation physique, nous prenons la route de Chamonix le dimanche 26 juin et tandis que les sommets arrondis et verdoyant des Vosges s’éloignent, ceux tranchant et toujours enneigés des Alpes se dévoilent de plus en plus.

Après un premier contact avec notre guide Lionel Rossetto, nous nous essayons à l’escalade sur la falaise école des Gaillands. Des klaxons se font entendre, peut-être pour nous encourager ou plutôt féliciter l’équipe de France en cette période d’Euro 2016. Qu’importe, notre finale à nous sera d’atteindre le Mont-Blanc (4810m).

Mais avant d’entreprendre cette ascension mythique, nous partons pour deux journées d’acclimatation autour du refuge Albert 1er (2702m). Au programme, premier contact avec le matériel technique (piolets, crampons, baudriers, etc…), école de glace et de neige et premier sommet : la Petite Fourche à 3520m d’altitude. Au loin, le Mont-Blanc nous toise, alors que nous finissons notre courte formation.

L’aventure commence enfin le mercredi 29 juin. Après une matinée de repos sur Chamonix, nous embarquons à bord du Tramway du Mont-Blanc pour rejoindre le Nid d’Aigle à 2372m d’altitude. Et alors que nous progressons confortablement installés, le stress domine et seul le grincement des rails vient percer nos silences crispés.

Arrivés au terminus, nous faisons connaissance avec François Delas, notre deuxième guide. Désormais les cordées doivent être composées d’un guide pour deux personnes. Plus motivés que jamais, nous partons donc à six, rapidement rejoints par des marmottes puis une horde de bouquetins très peu farouches.

2h 30 de marche sur sentier plus tard, nous gagnons le refuge de Tête Rousse (3167m). Un rapide briefing avec les guides nous informe que l’ascension initialement prévue le lendemain est repoussée au 1er juillet, en raison d’une météo annoncée orageuse. En effet, à peine la nuit tombée que déjà les premiers éclairs déchirent le ciel pour un spectacle grandiose.

La journée suivante nous rallions donc uniquement le refuge flambant neuf du Goûter à 3835m d’altitude après 3h de marche sous des averses neigeuses. Il s’agit de traverser le couloir éponyme, également appelé couloir de la “mort” en raison de nombreuses chutes de pierres le dévalant, puis d’enchaîner sur une arête rocailleuse de 500m de dénivelé, en s’aidant de tout son corps pour franchir les rochers. L’après-midi est consacrée à la sieste, même si le sommeil est difficile à trouver, tant l’impatience est grande. La nuit, elle, aura été très courte, réveil à 1h 30, petit-déjeuner et départ dans la foulée à la lampe frontale. Des milliers d’étoiles illuminent le ciel tandis que les faisceaux des premiers alpinistes sillonnent la montagne, tels des lucioles, en direction du sommet. Le mot effort prend tout son sens. Le superficiel n'a plus sa place, seul compte l'essentiel. Nous rejoignons l’épaule du Dôme du Goûter, puis le col du Dôme et l’abri Vallot à 4362m. Là, les premières lueurs du jour se dévoilent, une ligne orangée séparant progressivement la montagne du ciel. Puis nous enchaînons les nombreux ressauts de l’arête des Bosses pour enfin atteindre le Mont-Blanc à 7h45 du matin. Là-haut, tout change constamment, le temps n'a plus la même saveur.

Sur cette terrasse accueillante, dominant l’Europe, nous rejoignons nos compagnons de cordée. Tout le monde se photographie, se félicite, ami comme inconnu et surtout, profite de cette vue époustouflante.

L'ascension du Mont Blanc est une aventure sérieuse qu'il faut préparer si on veut profiter pleinement du sommet et de son environnement. C'est un défi physique et mental. Cependant l’exploit n'est réalisable que si la nature et les éléments vous acceptent.

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